"My French is so African !"

une Américaine mi-allemande qu’on appelle canadienne enfuie en Côte d’Ivoire perdue en balade au Burkina Faso

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Il n’y a pas (le temps)

Il n’y a pas
Le temps
Il n’y a pas
D’arriver à l’heure de repartir suffisamment d’avance
Il n’y a pas ça comme il n’y a pas melon au marché brocoli au maquis déodorant à la pharmacie.
Il n’y a pas le temps ni les yeux ronds devant les retardataires
Il n’y a pas
Les retardataires.
Ni les chicanes sur les précieuses minutes les minutes ne sont pas
Précieuses
C’est autre chose qui l’est.

Il n’y a pas le temps tu comprends
Il n’y a pas de soupirs devant l’horloge de recensement des tics-tacs de prévoyance de délai possible de compter quinze minutes de buffer en cas
Il y a toujours des
En cas.

Il n’y a pas le temps
Il y a le temps de le prendre et l’urgence de ne pas le presser l’entasser le calculer le maximimancher
Il y a l’espace de préparer une omelette au feu une sauce légumes au charbon avec tous les condiments nécessaires à la fabrication
Qui n’est pas celle de hier ni de demain hain.
Il y a un nombre de mercis à dire pour le dire
Le nombre de non pour refuser tous les plats d’omelettes à commander pour l’oeuf le nombre de fois à répéter pour se faire comprendre
Qui change souvent
Mais des fois reste similaire on sait pas il n’y a pas le temps il y a le nombre l’espace ce qui rentre ou ne rentre pas.

Il n’y a pas le temps
Il y a la distance entre Cotonou et Ouidah entre Ouidah et Popo et Popo et Posso et le marché là-bas
Il n’y a pas le temps mais beaucoup de tentatives
Pas d’heures mais assez d’essais
Pour débloquer une porte coincée sous l’humidité
Et bien peu à Richard le Compétent pour fabriquer des ganses en paille à mon nouveau cabas.

Il y a l’espace matinal pour une tresse convenable je veux dire une tresse comme une couronne qui tienne aux bourrasques des mobylettes sur la terre rouge d’ici
Il n’y a pas le temps d’en prendre trop avant de quitter le soleil se lève déjà bientôt et même si tu dis souvent allez on y va
Il y a toujours le temps de m’honorer la tête correctement
Et dans les égarements tout l’espace après la route pour me démêler la crinière doucement.

Il y a le temps d’écrire un bout à la main
De décoller les pages de mon cahier (le jus de mangues s’y couche tout le temps) et de trouver un écran ouvert
Un clavier qui marche et les touches de toutes les langues à la bonne place
Le temps de partager est long quand même mais ça dépend.
Il y a la suite de gestes dans l’ouverture d’une orange
Celle de refaire défaire rempaqueter libérer un backpack de trente litres
Cinquante litres
Cinquante-cinq
Dix mille milliards ou deux
On sait plus trop. Il n’y a pas le temps pour se dire ce genre de choses mais celui de les faire seulement.

Ainsi il n’y a pas l’heure de partir mais celle d’attendre que le départ arrive
Pas d’horloge au concert mais l’électricité au bon moment
Ça jouera quand ça pourra
Ou pas.

Il n’y a pas le temps ici et quand on a expliqué à Nazaire les quatre saisons qu’on lui a demandé s’il connaissait le goût des fraises
Il a regardé derrière la foule
Il a dit que les mandarines n’étaient pas encore prêtes
Qu’elles allaient venir qu’elles viendraient bientôt.

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Comme des lutins.

J’aime ces Africains qui mangent du yogourt en gang à la cantine du coin. Je les aime quand ils sirotent du jus de gingembre entre hommes d’affaire avant des réunions importantes. La rue qu’ils habitent devient alors un carré de sable, un centre commercial à l’adolescence, un cinéma de first dates où on se tapone nerveusement.

Je les aime quand ils tètent des sachets de jus de fleurs ou de lait sucré comme des bébés au sein.
Ils sont des adultes mais je les aime de souvent l’oublier.

Je les aime quand ils s’attablent autour de sodas à l’ananas au lieu de bière foncée. Ils choisissent des cocktails moka au lieu de se prendre la tête avec des cafés très tassés. Je les aime de pas trop se croire. De privilégier tout naturellement des petites bouteilles de coca aux coupes de vin stylisées, aux bucks massifs, aux céramiques immaculées.

J’aime ces Africains qui gigotent comme des gamins dans les concerts rocks de cabarets populaires. Qui bougent leurs corps et rient fort, qui se tapent les mains comme si la guitare vibrait entre leurs paumes (beige vanillé comme des fesses de bébé leurs paumes).

Aussi j’aime ces Africains quand ils sont policiers nationaux, officiers agréés, gendarmes respectés. Et costumés de violet de la tête aux pieds. On dirait des jus de raisin géants. De la pâte à modeler Crayola celle qui sent les fruits là, ils clignotent de ce mauve presque fluo-là. Ils essaient de se déguiser de faces sérieuses de gérants de sécurité routière des gens mais leur habit fait le moine, ce sont des petits moineaux coui coui coui.

J’aime ces Africains qui se parent de perles en plastique aux motifs sketch. Tu sais les billes qu’on trouve dans les jeux de fabrication de bijoux pour enfants avec la colle et la ficelle inclus dans une boîte qu’on déballe à Noël quand on est une fille de neuf ans ou dix peut-être dans certains cas. Mais des fois quand on est ces Africains que j’aime on a à peu près pas d’âge, on est mêlés entre l’enfance et l’adulterie, on a oublié l’adolescence, on passe l’après-midi à choisir un collier aux couleurs de son pays on demande leur avis à nos amis on en fait toute une cérémonie quand on se le passe au cou en fin d’après-midi, on a oublié de manger de travailler de se doucher on était occupés à bricoler on dit as-tu vu as-tu vu maman comme je suis beau.

J’aime ces Africains qui ont oublié d’être des adultes qui préfèrent rester des enfants grouillant sur leur siège au théâtre, qui disent fort ah ça c’est ma scène préférée là écoute ça bien toi hein.

J’aime ces Africains avec des porte-clés en toutou de Tigrou dans Winnie the Pooh. Ils le tiennent en main comme une fillette sa peluche, insèrent la clé dans le démarreur de leur mobylette et le visage de la mascotte miniature caresse le windshield du véhicule de grand garçon.

Je les aime j’ai dit.

J’aime ces Africains débridés dans une soirée de soccer cruciale. Ils courent d’un écran à l’autre suivant deux matchs en même temps se tenant la tête à deux mains criant oh la la il est physique je l’avais dit merci hain merci, voilààà.

Je les aime parce que leurs polos bien boutonnés jusqu’en haut. Leurs ceintures attachées serrées. Leur gilet bien rentré dans leur unique pantalon, ils en prennent grand soin.

Je les aime d’être un petit dude à la première journée d’école quand il faut prendre une photo dont papa sera fier, que maman encadrera, qu’on enverra à la famille.
Je les aime d’alterner entre des petits sourires gênés et des doigts partout dans le nez.

Je les aime parce que les souliers de plastique mou qu’ils traînent aux pieds. Leurs quotidiennes sandales de jelly tressées. Parce que leurs habits les plus sérieux me font sourire comme des pyjamas en plein air. Leurs suits des grandes occasions sont un arc-en-ciel ils me mettent à l’aise comme un ciel tout grand ouvert.

Je les aime c’est un peu parce qu’ils appellent tout le monde grand frère petite sœur cousin cousine mon ami maman. Je les aime ils me font penser à de la crème glacée dans une Mercedes climatisée qu’on ouvre le toit pareil.

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"That is my practice : how to be in the world and remain simple."

Lui mais moi.

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Être sur terre ; avec toi dans les mailles d’un safari africain.

Être sur terre ; avec toi dans les mailles d’un safari africain.

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Être sur terre VII ; toute seule à trois.

Être sur terre VII ; toute seule à trois.

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Être sur terre VI.

Être sur terre VI.

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Être sur terre V ; durement douce, doucement dure.

Être sur terre V ; durement douce, doucement dure.

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Être sur terre IV ; en quadrillé.

Être sur terre IV ; en quadrillé.

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Être sur terre III.

Être sur terre III.

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Être sur terre II.

Être sur terre II.

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Être sur terre.

Être sur terre.

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J’en ai rêvé.

J’en ai rêvé.

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Merci pour tout pour vrai.

Merci pour les découvertes.
Merci pour les confirmations.
Merci pour la lumière dans les tiroirs. Merci pour les annotations sur les pages. Merci pour les écritures illisibles. Merci pour les plaquettes glissées. Merci pour les histoires de citron de chambres de verre et de cœurs cousus. Merci des traces. Merci pour les chuchotements. Merci pour les sacres. Pour les mots cherchés dans le dictionnaire. Pour les recommandations attrapées et les conseils ignorés. Pour tous les post-it égarés. Pour les échos invisibles.
Merci pour les matins molos. Merci pour les après-midis bondés. Merci pour les soirées au coin de la chaufferette.
Merci pour l’accueil. Merci pour les rejets. Merci les rires sincères et les rires feints. Merci pour les règlements. Merci pour la rudesse. Merci pour la rigueur. Merci pour la routine. Merci pour l’irritation. Merci pour les jugements. Merci pour l’incompréhension. Merci pour la curiosité. Merci pour les malaises. Pour les coups de main. Des fois les coups de pieds. Merci pour le bossing around. Merci pour le laisser-aller. Merci pour la distance. Merci pour les tentatives. Merci pour les refus. Merci pour le désintérêt. Merci pour l’espace.
Merci pour les salutations automatiques. Merci pour les formulations usées. Merci pour les jeux-de-mots-étincelle. Merci pour les euphémismes. Merci pour le sarcasme. Merci pour les généralités les banalités les exagérations. Merci pour la médisance. Merci pour les éloges. Merci pour les personnages. Merci pour la clarté des réflexes de défense.
Merci pour l’information. Merci pour les blagues drôles. Merci pour les blagues pas drôles. Merci pour le small-talk. Merci pour le déblatérage. Merci pour le bégaiement. Merci pour le silence.
Merci pour les chemises froissées. Merci pour les cheveux hirsutes. Merci pour les pantalons frippés. Merci pour les craques de vulnérabilité.
Merci pour le café partagé. Merci pour la moutarde au miel en secret. Merci pour les connivences dénichées par surprise.
Merci pour la misanthropie. Merci pour le féminisme. Merci pour l’indignation. Merci pour vos carapaces. Merci pour les mots doux. Merci pour les jappements. Merci pour les sourires en coin. Merci pour les airs bêtes. Merci pour le bougonnement. Merci pour le toomuchness. Merci pour le toolessness. Merci pour le whatthefuckness.
Merci pour le classique merci pour le progressif pour le métal le blues le folk l’électronique la guitare acoustique l’ethnique. Merci pour les bandes dessinées.
Merci pour les obsessions. Merci pour les étrangetés. Merci pour mes rêves et vos réalités.
Merci pour les cheveux tombés.
Merci pour les toupets gênés.
Merci pour les barbes rasées.
Merci pour la méditation de cartons.
Merci pour l’ordre alphabétique. Merci pour l’absence de papier ligné de règle à mesurer de liquide correcteur de stylos de diverses couleurs.
Merci pour les codes secrets.
Merci pour l’expérience.
Merci pour l’élan.
Merci pour l’argent.
Merci pour tout.
Ce dont on a idée ou pas. Ni vous ni moi.
Merci pour les blessings in disguise.
Merci pour les pichenottes sur le coup.
Merci pour les élastiques trop serrés.
Merci pour les élastiques lousses.
Merci pour la sécurité et le dérangement.
Merci pour les petits pains.
Merci pour les gros gâteaux.
Merci pour rien vraiment.
Merci pour tout pour vrai.

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Chance pas chance

- J'ai appris qu'il n'y a que l'amour qui guérit.
- We're in luck ; we've got some of that.
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