Et la forme le fond qui remonte.

Et la forme le fond qui remonte.

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Poudre à pâte de peau

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Des fois si j’ai peur de trop pouvoir
De trop tout le temps tout de suite avoir
Quinze sortes de relish trois rangées de yogourts le même gilet fois mille les chaises pliables de l’arc-en-ciel les théières portables du monde entier les glacières multi-taskables
Qui rentrent dans ta sacoche ou ton coffre d’auto ou ton rack à vélo
Si j’ai peur du tout le temps trop
J’aurai peut-être peur du pas souvent assez
C’est plus simple de n’avoir rien quand on veut tout.
Sauf qu’on amène pas l’océan au ruisseau. La noisette à la grappe. La bibliothèque dans un coin.
Des fois si j’ai peur de trop vouloir de tant pouvoir si j’ai peur du grand champ des possibles en perpétuelle friche, je m’arrangerai en moi-même. Je me ressourcerai à ma source, c’est correct mes fontaines se renouvellent. Je me noierai jamais au complet j’ai des bords de rivière partout dans le corps.
Je me le promets.

Si je manque d’air pur j’irai m’acheter une tente oxygénée. Je me la planterai au plexus. Je ferai du camping sauvage mon cœur sera le terrain le plus accueillant de la place.
Les roches se géreront d’elles-mêmes, j’aurai rien qu’à prendre soin des cailloux.

Si je manque de pain frais je me ferai pousser du blé sur les bras. Je le récolterai avec une pince à épiler. Ça goûtera le doux parfum de mes épis blonds.

Si je manque d’eau fraîche je partirai le bain dans mon ventre. J’embrancherai le robinet à mon nombril. Je boirai la mer de mon liquide lymphatique. jusqu’à satiété. J’aurai tout ce qu’il faut mais si jamais je me permettrai d’acheter de l’eau embouteillée au dépanneur. Juste cette fois-là, je m’en voudrai pas. 
Pas une goutte.

Si j’en viens à manquer de système immunitaire j’emprunterai des plaquettes à la bibliothèque. J’arpenterai tous les rayons, les mains à l’affût les yeux ouverts jusqu’au cou. Je choisirai tout ce qu’il y a de mieux je prendrai tout ce dont j’ai besoin. Je me priverai pas une ligne. Si je manque je créerai. Ce sera déjà ça d’investi.

Si je manque de joie je creuserai un puits de farandoles dans mon mal. Il se situe au niveau de mes épaules, il se poursuit au fond de mes trompes de Fallope, galope parfois jusque derrière mon estomac. Je creuserai tranquillement ce qui s’entame déjà. Ça remplira mon mal de mon bon.

Si je manque de melons. Au déjeuner. J’en ferai pousser. J’ai avalé assez de pépins pour que ça tourne rond. Mon jardin secret dépasse les bornes. Les pastèques débordent, c’est rendu qu’il faut les cueillir à ma gorge. Ça me dérangera pas. Je saurai comment faire ça. Tout est déjà là. J’aurai qu’à tendre le gant pour que la main se donne. Je préfère être pas mal sûre de ça. En tant que marachaire qui se respecte. Qu’humaine qui se donne à elle-même qui pige dans sa propre banque alimentaire.
Dans le sens agréable de la pauvreté je parle.

Si je manque de toit stable j’aurai juste à défaire un bout du plancher. Le porter à bout de bras en haut de ma tête. Attendre que le matériel grandisse de lui-même. J’aurai juste à prier assez, d’habitude ça fait la job de rénovation.

Si je manque d’étoiles je les pigerais dans mon visage. Avec mon doigt je tracerai des constellations avec mes tâches de rousseur. Mon nez deviendra la lune et j’allumerai le soleil dans mon front. Les étoiles s’éteindront même pas quand le jour s’allumera. Question d’être sûre que j’en manque pas encore demain.

Et si je manque de mains j’irai me promener dans le bois. Je m’orienterai à l’aide du ciel qu’on verra toujours en levant les yeux. À travers la luette de ma bouche toujours entrouverte. Si je manque de mains je suivrai la piste de la mousse sur les troncs de mes intestins. Ma flore intestinale me dira quand tourner quand rester quand continuer. Elle me guidera vers les bons arbres. J’en décrocherai les feuilles qui ressemblent le plus à cinq doigts autour d’une paume.

Si malgré mes nouvelles mains il m’arrive de manquer de pouces, j’arroserai mes gros orteils. En sachant. Qu’ils m’offriront. Des bébés. Je les collerai avec de la salive aux pouces qui me manquaient. Les ongles prendront exemple les uns sur les autres, le moignon se refermera en s’ouvrant je sais c’est compliqué l’important c’est qu’au niveau du fournisseur on puisse aussi en parler en terme de bénéficiaire. 

Je saurai pas toujours quoi trouver mais je saurai comment le chercher.
Si j’en viens à manquer de protéines animales j’inventerai un zoo avec des bêtes en biscuit soda. Des lions à la croute Graham. Des craquelins de lin au chimpanzé. Je les croquerai un à un en commençant par les coins, cheminant doucement vers le milieu. Personne ne me dira comment faire, comment
mieux
ou
ne pas
le faire.
Ça fournira tous les nutriments essentiels à ma croissance d’être humain complet.
Je me compléterai moi-même.
Et mes chats intérieurs miauleront à l’aube
Je serai bien d’avoir co-fondé le matin.

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"I lay back in my chair while my left foot beats time in a new rhythm."

Christy Brown qui me touche mon coeur jusqu’au bout de la main gauche

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"Answers interrupt questions."

Michael Stone, davantage nuage que pierre

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Mais les barreaux seront jamais assez larges pour m’empêcher de chanter.Mes mains seront jamais trop sèches pour trouer les murs colorier des fenêtres inventer des serrures.Mon âme se laissera pas manger pour le souper.Les bâtons seront jamais juste des bâtons.Les piliers se tiendront.Les baguettes magiques sont patientes, elles attendent entre les craques. Leurs flammèches finissent jamais de n’avoir pas commencé. Je serai jamais condamnée.Mes doigts passent trop facilement dans les interstices des grillages. Mes cheveux s’y prennent tout le temps, même ma tête les traverse entièrement. Je serai jamais condamnée au complet j’ai trop la foi plus grande que la panse j’ai trop une confiance de loup.

Mais les barreaux seront jamais assez larges pour m’empêcher de chanter.
Mes mains seront jamais trop sèches pour trouer les murs colorier des fenêtres inventer des serrures.
Mon âme se laissera pas manger pour le souper.
Les bâtons seront jamais juste des bâtons.
Les piliers se tiendront.
Les baguettes magiques sont patientes, elles attendent entre les craques. Leurs flammèches finissent jamais de n’avoir pas commencé.
Je serai jamais condamnée.
Mes doigts passent trop facilement dans les interstices des grillages. Mes cheveux s’y prennent tout le temps, même ma tête les traverse entièrement. Je serai jamais condamnée au complet j’ai trop la foi plus grande que la panse j’ai trop une confiance de loup.

(Source: feellng, via l-art-sauvera-le-monde)

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À “je me sens […]J’ai arrêté à “me sens”Soulagement.

À “je me sens […]
J’ai arrêté à “me sens”

Soulagement.

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"Alors je ne suis plus du tout à jour dans les téléséries américaines mais je m’appartiens davantage."

Une cowgirl en déconstruction

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"All she wantedwas to find a place to stretch her bonesA place to lengthen her smilesand spread her hairA place where her legs could walkwithout cutting and bruisingA place unchainedShe was born out of ocean breath.
I reminded her :Stop pouring so much of yourselfinto hearts that have no room for themselvesDo not thin yourselfBe vastYou do not bring the ocean to a river.”- Tapiwa Mugabe

"All she wanted
was to find a place to stretch her bones
A place to lengthen her smiles
and spread her hair
A place where her legs could walk
without cutting and bruising
A place unchained
She was born out of ocean breath.

I reminded her :
Stop pouring so much of yourself
into hearts that have no room for themselves

Do not thin yourself
Be vast
You do not bring the ocean to a river.”

- Tapiwa Mugabe

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"You’re as sick as your secrets, ladies."

La santé de n’avoir rien à cacher

Hatch.

Hatch.

(via whitedrops)

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Ton menu sous mes paupières

J’ai rêvé que ton congélateur était plein de crème glacée moitié chocolat moitié figue
Les deux saveurs séparées en plein milieu
Brun pâle et vert vomi
J’ai ouvert tous les contenants pour vérifier
Ça goûtait bon de savoir ce qui te fait plaisir ces temps-ci.
J’ai rêvé que ton frigidaire regorgeait de gnocchis aux épinards
Incongrus et vert pâle, ceux dont tu fabriquais la pâte à la mitaine sur le comptoir de mélanine de notre petite cuisine pognée.
Dans mon rêve tous les Tupperware de ton frigidaire étaient transparents j’ai pas eu besoin de vérifier pour que le vert de mes souvenirs avec toi

(piments grillés, plantes de jardin, aloès sur peau brûlée, cheveux chlorés, fils de câble cambriolé, chambre trop de fois peinturée)

Pour que le vert de mes souvenirs avec toi
Me saute dans la face.

Partout dans ton appartement vide trônaient des petits pots de céramique à-demi remplis de fromage parmesan
Tu devais jamais finir ton plat de pâtes le soir
Ou déjà préparer celui du lendemain
En tout cas ça a fait du bien d’être pas sûre mais d’avoir juste deux choix.
J’ai rêvé à ton estomac grand ouvert
Dans le mien on entend battre mon cœur
Ils ont faim de ton quotidien.

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"La semaine prochaine on est-tu mardi ou mercredi ?"

Une perdue dans le temps qui sait pas qu’elle est trouvée ailleurs.

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Pour faire l’amour mettre la haine et tes poches à l’envers.

J’haïs ça quand tu fais ton riche. J’haïs ça quand tu dépenses comme si l’argent existait pas comme si les arbres argentiers se déforesteraient jamais comme si les comptes en banque valaient pas grand chose. J’haïs ça quand tu fais comme si t’avais un million de coffres où piocher d’une main insouciante comme si tu voyais pas la différence entre le fond et le milieu comme si t’allais jamais piger dans tes réserves comme si le coussin était un pouf géant. Qui s’essoufflerait jamais. J’haïs ça me sentir comme un petit oreiller plat pis pas de taie du Dollorama à côté de toi.

Tu achètes notre literie à La Baie d’Hudson.
Tu la compares professionnellement avec tes moteurs de recherche haut-de-gamme pendant que mon intuition et mon besoin de peu soupirent dans un coin de la chambre. Ils haïssent ça autant que moi. Quand tu fais comme si toutes les autres alternatives en valaient pas la chandelle. Comme si c’était du sommeil pour les pauvres qu’on vendait dans les couettes de simple coton.

J’haïs ça quand on passe à la caisse pis que tu laisses la caisse te passer dessus comme si ça faisait pas mal nulle part. De te faire passer le rouleau malaxeur du compte chèques sur tout le corps. Comme si y’avait rien là des billets de cinéma à vingt dollars. Des billets de métro en vrac sans tarif forfaitaire un deux trois quatre peu importe faut qu’on se rende quelque part. On peut-tu aller au parc pis vivre quelque chose d’inachetable à la place. Han. Je peux-tu être un oreiller plat. Voudrais-tu être porte-feuille mou. On serait des petits jetons du bout du monde. On serait plus libres non.

J’haïs ça quand tu fais semblant d’être riche quand tu te procures des pantalons de laine d’agneau en spécial même pas spécial. Quand tu te félicites du rapport qualité-prix, quand tu dédaignes les friperies. Quand tu achètes des livres de poche neufs des livres grand format neuf (encore pire) quand tu remplis ton panier sur Amazon sans tendre la main aux tablettes de l’usagé une seconde. Allô je travaille dans une bouquinerie seconde main allô je recycle mes Kleenex et mes feuilles lignées t’as-tu le goût de faire semblant d’être pauvre deux secondes. Avec moi. M’accompagner sur le bord de la track un peu. Vivre dangereusement bien dangereusement low.

J’haïs ça quand tu fais la moue devant les couvertures de volumes un peu écornées devant les pages légèrement fripées j’haïs ça quand tu lèves le nez quand tu considères même pas que ça puisse être luxueux de s’offrir de la déchirure.
Avec moi mes doigts danseurs de rue mes habitudes de tounue.

J’haïs ça quand tu payes vingt-cinq dollars pour un bout de métal appui-déclencheur de caméra qui t’a coûtée un bras. J’haïs ça que c’en soit devenu tellement normal pour toi. J’haïs ça quand tu t’achètes des courroies d’explorateur extrême. Quand tu investies la valeur épicerie sur un bout de caoutchouc. J’haïs ça quand tu mets tout sur le dos du confort.
Le confort a le dos large.
Le mien, moins.

J’haïs ça quand tu fais semblant d’être riche.
Quand tu réfléchis pas une seconde avant de coucher 400 dollars sur la table. Quand chez le médecin privé tu sors ta carte sans trembler. Quand tu cries à la santé. Quand tu prônes à tout prix la sécurité. J’haïs ça que tu choisisses de nous vacciner en copies carbone, que tu veuilles même pas en discuter. Que tu dises je vais te le payer je vais te le payer bébé.
Je suis pas un bébé.
J’haïs ça que tu fasses semblant d’être un papa sucré.
Parce qu’en-dessous de ma croûte brûlée j’aime ça que tu prennes soin de moi.
Sous l’irritation, en-dessous des cloques que tes cartes de crédit me claquent j’aime tellement ça quand tu es là sans exagérer.
Quand tu existes à ta juste mesure. Simple et parfaite. Un onguent naturel.
Ça me calcine quand tu fais semblant d’être davantage.
Quand tu allonges les excès sur le centre de table sans grignoter les contours des nappes avec moi. J’haïs ça que tu payes des souliers de randonnée les yeux de la tête. C’est pour les pieds. J’haïs ça que tu penses que c’est de bien s’équiper que de tant dépenser. J’haïs ça que tu me vois comme une perdue dans’ rue parce que je pense différemment. Que je fais confiance aux deuxièmes chances. Que je choisis les dernières nouvelles au lieu d’investir sur la une.
Tu l’appelles la une je l’appelle la catastrophe. Tu l’appelles la une je l’appelle le 1 % le plus riche du monde j’aimerais pas être à sa place.

Mais quand tu achètes des guitares comme si t’allais en jouer chaque jour user chaque corde à l’excès donner la vie aux billets de banque invisibles que tu as brillamment échangés. J’haïs ça, ça me rappelle les vêtements que j’achète sans le vouloir et les paquets de bonbons que j’empile dans les tiroirs. J’haïs ça quand tu fais semblant d’être riche ça me fait penser que tu l’es pour vrai.

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Mes plans pour la vie : déplanifier la vie.

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Delicatessen.

Delicatessen.

(Source: albinoavalanche, via whitedrops)

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